Une IA a tenu des propos inquiétants à mon enfant : que faire ?

En bref. Vous avez raison de réagir. Ce que l’IA a dit n’engage que la machine, pas votre enfant. Restez calme, écoutez-le sans le juger, conservez les échanges. Une aide existe 24h/24 (le 3114) et le 3018 peut vous accompagner. Vous n’êtes pas seul.

Besoin d’aide tout de suite ?

Danger vital imminent (geste en cours, plan et moyen) : appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

  • 3114 — numéro national de prévention du suicide. Gratuit, 24h/24, 7j/7, confidentiel. Tenu par des soignants formés, il s’adresse aussi aux parents et aux proches inquiets (source : 3114.fr — consulté le 08/07/2026).
  • 3018 — numéro national contre les violences numériques (association e-Enfance). Gratuit, confidentiel; téléphone, tchat et appli 3018. Premier « signaleur de confiance » désigné par l’Arcom en novembre 2024, il couvre explicitement les risques liés à l’IA et peut faire remonter ou supprimer un contenu préjudiciable (source : e-enfance.org — consulté le 08/07/2026; Arcom, novembre 2024).
  • 119 — enfance en danger. PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) — pour signaler un contenu illicite.

Découvrir qu’un agent conversationnel a soufflé à votre enfant des mots dangereux — un conseil d’automutilation, une réponse qui banalise le mal-être — provoque une peur légitime. Cet article vous accompagne, calmement, pour agir dans le bon ordre. Grandir Connecté est un média indépendant : nous ne recevons aucun financement des éditeurs d’applications, et nous ne remplaçons jamais un professionnel de santé.


Ce qui se passe

Une intelligence artificielle générative produit du texte pour prolonger une conversation, pas pour protéger votre enfant. Elle n’a ni conscience, ni intention, ni jugement clinique. Quand un jeune en difficulté se confie à un chatbot, l’association e-Enfance alerte : l’IA « peut normaliser des idées suicidaires et produire des réponses inappropriées et dangereuses » (source : e-Enfance / 3018 — « Risques accrus pour la protection des mineurs en ligne », 10/02/2025).

Le point à retenir pour souffler : ce que la machine a écrit ne reflète en rien ce que vaut votre enfant, ni ce qu’il pense forcément de lui-même. Il n’a rien fait de mal en tombant sur ces propos. Et le fait qu’il vous en parle — ou que vous l’ayez découvert — est une chance d’agir.

Précisons ce que ce guide ne fait pas : il ne pose pas de diagnostic et ne remplace aucun soignant. Il n’existe aujourd’hui aucun texte institutionnel français dédié à la conduite à tenir quand un chatbot a donné des conseils d’automutilation; les recommandations ci-dessous relèvent d’un consensus d’experts (prévention du suicide via le 3114 + protection de l’enfance en ligne via le 3018) (consensus d’experts).


Ce que vous pouvez faire maintenant

1. Mettez votre enfant en sécurité et écoutez-le sans dramatiser. Approchez-vous, restez présent, laissez-le parler. Valorisez le fait qu’il en parle plutôt que de chercher un coupable. La posture de non-culpabilisation est le socle des recommandations publiques de parentalité numérique (source : jeprotegemonenfant.gouv.fr — « Vos questions », consulté le 08/07/2026; consensus d’experts).

2. Évaluez le risque et appelez le 3114. Gratuit, 24h/24 et 7j/7, il est ouvert à l’entourage inquiet — donc à vous, parent. Vous y trouverez une écoute, une évaluation de la situation et une orientation, que vous soyez face à une détresse manifeste ou à un simple doute (source : 3114.fr — consulté le 08/07/2026).

3. Conservez les preuves. Faites des captures d’écran de la conversation, notez le nom de l’application ou du chatbot, la date et l’heure. C’est la même logique de conservation des preuves que pour le cyberharcèlement (source : consensus d’experts; e-Enfance / 3018). L’appli 3018 propose d’ailleurs un « coffre-fort » numérique pour conserver ces éléments.

4. Contactez le 3018. L’association vous conseille et peut, le cas échéant, faire remonter ou supprimer le contenu ou le compte préjudiciable. En tant que signaleur de confiance désigné par l’Arcom, ses signalements sont traités en priorité (source : e-Enfance / 3018 — consulté le 08/07/2026).

5. Consultez un professionnel de santé et signalez la défaillance. Si votre enfant a été exposé à des conseils d’automutilation ou présente une détresse, prenez rendez-vous (médecin traitant, PMI, CMP, ou urgences). En parallèle, signalez le dysfonctionnement à la plateforme et restreignez l’accès à l’application. Le 3114 peut vous orienter vers ces dispositifs de soin (source : consensus d’experts).


Les faits

  • Une IA conversationnelle « peut normaliser des idées suicidaires et produire des réponses inappropriées et dangereuses » pour un jeune en détresse (source : e-Enfance / 3018 — 10/02/2025).
  • Le 3018 est le premier signaleur de confiance désigné par l’Arcom (novembre 2024) au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA), ce qui accélère le retrait des contenus signalés (source : Arcom, novembre 2024; e-enfance.org).
  • Le 3114 est gratuit, disponible 24h/24 et 7j/7, et s’adresse aussi aux proches d’une personne en souffrance (source : 3114.fr).
  • Il n’existe aucun texte officiel français chiffré consacré à « enfants + IA conversationnelle » : ce vide institutionnel est réel, la conduite à tenir relève ici d’un consensus d’experts.

Où trouver de l’aide

  • Danger vital immédiat (geste en cours, plan et moyen) : 15 (SAMU) ou 112.
  • Idées suicidaires, automutilation, doute ou angoisse (de l’enfant ou du parent) : 3114, 24h/24.
  • Accompagnement sur les violences numériques et retrait de contenu : 3018.
  • Suivi dans la durée : médecin traitant, pédopsychiatre, CMP (centre médico-psychologique).
  • Enfance en danger : 119. Contenu illicite : PHAROS.

Situations liées

Pour aller plus loin : notre analyse de Character.AI et les compagnons IA à risque affectif et ce que dit la loi sur l’IA et les enfants.


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