Un deepfake circule sur mon enfant : que faire ?
Une fausse image ou vidéo truquée de mon enfant circule : que faire ? Votre enfant n’est pas responsable, et ces images — même fabriquées par IA — sont illégales. Conservez les preuves sans les rediffuser, ne payez jamais en cas de chantage, appelez le 3018 (gratuit, 7j/7) qui obtient des retraits rapides, signalez à PHAROS et déposez plainte. Une image sexuelle truquée d’un mineur est traitée comme de la pédopornographie.
Découvrir qu’une image truquée de son enfant circule est une épreuve. La première chose à lui dire — et à vous dire : ce n’est pas sa faute. Une image ou une vidéo peut aujourd’hui être entièrement fabriquée par une IA (un « deepfake ») sans que la personne représentée ait jamais rien fait. Cette page rassemble les démarches à mener dès maintenant.
Grandir Connecté est un média indépendant : notre seule boussole est l’intérêt de votre enfant.
Rester calme, et rassurer d’abord
Avant toute démarche technique, la priorité est votre enfant. Réagissez sans punir ni culpabiliser : verbalisez (« comme toi, je trouve ces images choquantes ») et expliquez qu’elles ne reflètent pas la réalité (source : jeprotegemonenfant.gouv.fr). Un enfant visé par un deepfake ressent souvent honte et panique ; lui répéter qu’il a bien fait d’en parler et que vous allez agir ensemble change tout.
Ce que vous pouvez faire maintenant
- Conserver les preuves — sans rediffuser. Captures d’écran, liens, dates, nom du compte diffuseur. L’appli 3018 propose un « coffre-fort numérique » ; pour une valeur probante maximale, un constat par commissaire de justice est la voie la plus solide (source : e-Enfance / 3018 ; consensus juridique).
- Ne jamais payer en cas de chantage (sextorsion). Payer n’arrête pas la diffusion et encourage l’auteur.
- Contacter le 3018 : premier signaleur de confiance désigné par l’Arcom (nov. 2024), il fait supprimer en quelques heures les comptes et contenus préjudiciables — dont deepfakes et « deepnudes » (source : e-Enfance / 3018 ; Arcom).
- Signaler à PHAROS (internet-signalement.gouv.fr / appli « Ma Sécurité ») et à Point de Contact : la création d’images sexuelles de mineurs par IA est illégale (source : Ministère de l’Intérieur ; pointdecontact.net).
- Déposer plainte. Le deepfake non consenti porte atteinte à la représentation de la personne ; quand un mineur est visé sexuellement, les faits sont aggravés. Après la crise : resserrez les paramètres de confidentialité et limitez la diffusion de photos de l’enfant (source : CNIL — hypertrucage ; Internet Sans Crainte).
Ce que dit la loi
Le point à retenir : le fait qu’une image soit générée ou modifiée par IA ne la rend pas légale — au contraire. Lorsqu’une image sexuelle représente un mineur, elle est traitée comme une image pédopornographique, un délit puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. 227-23 du Code pénal) (source : Code pénal / Legifrance). La loi SREN de 2024 a par ailleurs créé un délit spécifique visant les montages sexuels non consentis (« deepnudes ») (source : Code pénal issu de la loi n° 2024-449). Et si les images servent à harceler, le cyberharcèlement est puni jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € (art. 222-33-2-2) (source : Code pénal).
Où trouver de l’aide
Numéros à connaître (gratuits)
- 3018 — violences numériques (e-Enfance) : retrait accéléré des contenus, coffre-fort de preuves. 7j/7, 9h-23h ; tél, tchat, appli.
- PHAROS — signalement des contenus illicites (internet-signalement.gouv.fr).
- 119 — enfance en danger. 116 006 — France Victimes.
- 3114 — prévention du suicide (24h/24), aussi pour les proches.
- Danger imminent : 17 ou 112.
Les faits (sourcés)
- Une image sexuelle d’un mineur générée par IA est illégale et relève de la pédopornographie (5 ans, 75 000 €). (Source : art. 227-23 du Code pénal.)
- Le 3018 est le premier signaleur de confiance désigné par l’Arcom (nov. 2024) → traitement prioritaire et retrait accéléré. (Source : Arcom ; e-Enfance.)
- La sextorsion recourt de plus en plus à l’IA : parmi les cas de sextorsion traités par le 3018, plus d’un sur quatre implique désormais un usage de l’IA. (Source : e-Enfance / 3018, rapport de transparence, 11/05/2026.)
Situations liées
- Mon enfant a vu des images choquantes avec une IA
- Cyberharcèlement : que faire ?
- Pour comprendre : deepfake, définition et comment l’expliquer · ce que dit la loi.
Ayez les bons réflexes sous la main. Notre guide PDF gratuit rassemble les numéros utiles et les étapes clés. Recevoir le guide
Recevez le guide parent gratuit
Un condensé pratique pour accompagner votre enfant face à l'intelligence artificielle : repères par âge, réglages, et les signaux à surveiller. Gratuit, sans spam.